poemes
Posté le 20.02.2008 par outreterre
l'asphalte déroule son ruban
mes phares accrochent le brouillard.
Si je continue sur ma lancée,
direction l'espace sans transition.
la lune me salue bien,
avant son éclipse elle flotte dans un halo nuageux,
pas d'étoiles ce soir, pourtant Régulus doit clignoter,
c'est ce qu'on nous a dit.
les farfadets et les trolls n'ont qu'a bien se tenir,
à la limite de mon champ de vision.
nous avons fait reculé la nuit,
les hordes de loups ne nous guettent plus au coin du bois.
mais avons nous bien fait?
notre imaginaire s'est réduit comme peau de chagrin,
étroit comme le macadam qui défile sous mes pneus.
bonne nuit les terriens.
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Posté le 28.01.2008 par outreterre
Souvent à la brune
ta peau se pare de reflets pierre de lune.
Eparse sous le dais,
se répand ta chevelure de jais.
Ton coquin sourire rubis
illumine mes nuits.
Tes ongles cornaline
effleurent la mousseline.
Mais plus rien dorénavant
n'atteindra ton coeur de diamant.
Posté le 11.12.2007 par outreterre
Enfants de la Terre
Ogres que vous êtes
Prenez garde
Vos appétits dévorent
mon pauvre terreau
Votre héritage s'évapore
dans mon atmosphère délétère.
Fils de la mer
Vous qui rampiez il y a peu
au sortir de mes eaux
A trop exploiter votre nourricière
les mailles de vos filets rapaces
écorchent vos racines
et vous fondez vos futurs amers
Ariele Zeidman
Posté le 03.12.2007 par outreterre
Dans la nuit saturée, les néons éclatent dans les flaques d'eau
La buée vaporise lentement l'en dehors
Les halos des réverbères ponctuent le trajet de planètes
Le reflet mouillé des visages sur les carreaux
Vrombissement des cordes sur le toit
La chaleur peu à peu m'essore
Dans la bulle du vaisseau rêver d'un plus long parcours
Ne plus sortir, rester en voyage toujours
Ariele Zeidman
Posté le 09.11.2007 par outreterre
Enfermés par nos incertitudes
Engoncés dans nos attitudes
L’acier cloître nos habitudes.
A grand-peine
Lors d’errances souterraines
Entendons nous tinter nos chaînes :
Enfin le béton se lézarde
Parmi les figures hagardes
Soudain un sourire se hasarde.
Nous fuyons ensemble
Loin de la métropolitude.
Posté le 06.11.2007 par outreterre
Toutes voiles dehors,amarres larguées,
Voguent les songes.
Eaux profondes d’un sommeil apaisé
Loin,loin du réel qui nous ronge
Jusqu’à l’oubli de la longe
Harnais des pantins éveillés.
Sombré le soleil solitudinal
Les étoiles face aux nous-mêmes
Révèlent l’original
Des pâles copies blêmes.
Arièle Zeidman
Posté le 05.11.2007 par outreterre
Fille de la Terre,
Née d’un éclat de soleil
Dans une flaque de pluie,
Exilée hors du millénaire
N’oublie pas les journées sans pareil
Ni les feuilles du palmier vernies luisant dans la nuit.
Au plus profond du vide intersidéral,
Réminiscence du premier marron trouvé
A l’ombre d’un arbre ancestral,
Et encore au pied des Albères la mer si claire qui t’a bercée.
Surfant désincarnée loin d’un monde dont tu te sépares
La pulpe de tes doigts rêve de la douceur du pastel,
Tu entends un bruissement d’ailes,
Tes narines frémissent au souvenir de Shalimar.
Ta fille.
Arièle Zeidman
Posté le 05.11.2007 par outreterre
C’est une place nue et déserte.
Elle est si vaste qu’elle dessine la courbure de la Terre.
Ils sont seuls elle et le silence qui l’étreint.
Inquiète,tendue elle devine le verdict à une infime vibration.
Condamnée,elle expire sa défaite dans un ultime assaut contre son geôlier.
L’horizon soudain se trouble,comme déformé par une vague brillante
et humide de chaleur,se ramasse sur lui-même :
Mais il reste ainsi longtemps hésitant,
frémissant de pouvoir encore contenu,
exultant naissance et liberté,
dessinant dans un rire inextinguible un entrelacs
grouillant de formes ébauchées-immédiatement dissoutes.
L’espace d’un soupir-inhalant une lucidité glacée,
il se stabilise après une éternité qui dure quelques secondes de plus
pour un regard et quelques minutes de plus pour un esprit.
La place morte n’est plus déserte.
L’autre se rapproche de l’un qui fait de même,
Tandis que le ciel palpite au rythme de leur marche,de leur course,
De leur envol,…de leur chant.
Arièle Zeidman